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Être jeune chrétien aujourd’hui : entre foi, études et avenir

Media 7 prépare une série d’entretiens avec de jeunes chrétiens. Avant de poser les questions, il faut savoir lesquelles méritent d’être posées. Cet article expose les enjeux que nous voulons aborder — et ceux que nous voulons éviter.

Media 7 prépare une série d’entretiens avec de jeunes chrétiens. Avant de poser les questions, il faut savoir lesquelles méritent d’être posées. Cet article expose les enjeux que nous voulons aborder — et ceux que nous voulons éviter.

Les entretiens avec des jeunes tournent souvent court, pour une raison simple : les questions sont écrites par des adultes qui connaissent déjà la réponse qu’ils attendent. « Qu’est-ce que la foi t’apporte ? » appelle une réponse convenue, que l’interviewé donne par politesse.

Les questions utiles sont ailleurs. Elles portent sur des situations concrètes, sur des arbitrages réels, sur ce qui coince.

Les études et le temps qui manque

Un étudiant dispose d’un capital d’heures limité, et tout le monde y prétend : les cours, le travail alimentaire éventuel, la famille, les amis, la communauté.

La question n’est donc pas « la foi est-elle importante pour toi », mais : comment arbitres-tu quand deux engagements tombent le même jour ? Et : qu’est-ce que tu as cessé de faire cette année, faute de temps ?

Les réponses à ces questions disent davantage qu’un discours sur les priorités.

La foi mise à l’épreuve d’un autre milieu

Beaucoup de jeunes passent, en quelques mois, d’un environnement où leur foi allait de soi à un milieu où elle est minoritaire, parfois discutée, souvent ignorée.

Ce déplacement produit des effets variés. Certains approfondissent, contraints d’expliquer ce qu’ils n’avaient jamais eu à formuler. D’autres mettent le sujet de côté, sans décision consciente. D’autres encore se replient sur un entre-soi confortable.

Nous voulons demander : qu’est-ce qui a changé dans ta manière de croire depuis que tu as quitté ton milieu d’origine ? La question suppose qu’une réponse sincère puisse être inconfortable — c’est pourquoi elle ne peut être posée qu’en confiance.

L’avenir, et l’incertitude qui l’accompagne

Parler d’avenir à un jeune revient souvent à lui demander un plan. Or beaucoup n’en ont pas, et pas par négligence : les études, l’emploi, la mobilité imposent une part d’incertitude que les générations précédentes n’ont pas toujours connue au même degré.

La question à poser n’est pas « où te vois-tu dans dix ans » — cliché d’entretien d’embauche — mais : qu’est-ce que tu espères, et qu’est-ce que tu crains ? Et : ta foi t’aide-t-elle à vivre avec ce que tu ne peux pas prévoir, ou ajoute-t-elle une exigence de plus ?

Cette dernière formulation compte. Elle laisse la place à une réponse négative, ce que la plupart des questions sur la foi ne font pas.

L’engagement, la communauté, et la place qu’on y trouve

Les lots précédents ont abordé la transmission des responsabilités du point de vue des communautés. L’entretien permettra de l’aborder de l’autre côté : t’a-t-on confié quelque chose ? L’as-tu demandé ? Qu’est-ce qui t’a fait rester, ou partir ?

Il faudra accepter les réponses critiques. Un entretien où le jeune remercie poliment sa communauté n’apprend rien à personne.

Le numérique, sans en faire le sujet central

La question mérite d’être posée, mais tardivement et sans la charger : qu’est-ce que tu trouves en ligne que tu ne trouves pas ailleurs ? La réponse est souvent plus nuancée que le débat public.

Ce que nous ne demanderons pas

Nous ne demanderons pas de raconter une conversion en public si la personne n’en a pas envie. Nous ne demanderons pas de commenter les décisions d’une institution, ce qui placerait un jeune en porte-à-faux. Et nous ne demanderons pas de parler au nom de « la jeunesse » : personne ne représente une génération.

Ce que nous garantirons

Relecture des citations avant publication. Possibilité de demander le retrait d’un passage. Anonymat si le sujet l’exige — un entretien anonyme vaut mieux qu’un entretien édulcoré.

Conclusion

Un bon entretien ne confirme pas ce qu’on savait : il déplace. Pour cela, il faut des questions qui admettent une réponse imprévue, et un journaliste prêt à l’entendre.

Si vous avez entre 18 et 30 ans et que ces questions vous parlent, écrivez-nous. Nous commencerons par une conversation sans enregistrement.